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La conscience de devoir repenser l'activité hospitalière en tenant compte de l'impact de cette activité sur l'environnement et sur la société est de plus en plus présente dans les hôpitaux. Récemment, des collaborateurs du CHU UCL Namur (site Godinne) et de la Clinique Saint-Pierre d'Ottignies se sont rencontrés pour échanger sur les mesures concrètes mises en place dans leurs institutions dans le cadre d'une transition écologique. Ce sont des médecins, pharmaciens, infirmiers, acheteurs, diététiciens, bio-ingénieurs... qui sont convaincus qu'il est grand temps que l'hôpital produise moins de déchets et consomme moins de ressources. Cet échange de " bonnes recettes " peut servir d'aiguillon pour celles et ceux qui ne savent pas encore comment s'y prendre. Plusieurs mesures " vertes " ont été présentées lors de cette rencontre : remplacer la vaisselle et les couverts jetables par des ustensiles en porcelaine et en verre, mieux filtrer l'eau usagée rejetée par l'hôpital pour éviter de lâcher des antibiotiques ou des anti-inflammatoires dans la nature, généraliser le tri sélectif, récupérer et recycler des dispositifs médicaux qui peuvent l'être et les champs chirurgicaux, écrire des programmes informatiques qui ne consomment pas trop d'énergie, acheter la nourriture en fonction des saisons, installer une chaudière à cogénération, construire des bâtiments passifs, installer des panneaux solaires... Certaines initiatives, simples, peuvent être prises au niveau d'un service. D'autres, plus complexes ou réclamant un investissement important, nécessitent l'implication de la hiérarchie de l'institution. En écoutant les porteurs de ces projets, qui les mènent pour la plupart en dehors de leur temps de travail parce que cette démarche fait sens pour eux, il est capital de bien réfléchir à toutes les implications lorsque l'on veut apporter des solutions de transition et de s'entourer de personnes compétentes. Il faut également informer sans cesse les collègues et usagers de l'hôpital pour qu'ils adhérent au projet et acceptent de modifier leurs habitudes. Il faut pouvoir, par exemple, répondre avec pédagogie aux travailleurs qui se posent ce genre de questions : " Pourquoi faut-il tout d'un coup que je vienne avec mon récipient ou que j'achète un récipient durable à la cantine si je veux ramener de la nourriture du restaurant d'entreprise chez moi ? " La Clinique Saint-Pierre organise régulièrement, à l'heure du midi, des conférences sur la transition écologique pour permettre au personnel de l'institution de présenter des projets et de discuter de cette évolution. Ces réunions, consacrées, par exemple, à l'empreinte carbone croissante d'internet, sont ouvertes au public. Dans un contexte budgétaire difficile pour le secteur hospitalier, les coûts de cette transition écologique doivent également être examinés. Les institutions peuvent évidemment faire preuve de créativité pour trouver de l'argent nécessaire au financement de transition. Les hôpitaux Iris-Sud ont récemment négocié avec une entreprise spécialisée le placement et l'entretien gratuits durant dix ans de près de 4.000 panneaux solaires sur les toits des bâtiments. En outre, un projet de financement participatif permet aux citoyens (riverains, personnel de l'hôpital...) de financer 20% de l'installation photovoltaïque. Des organisations et des entreprises spécialisées peuvent venir en aide aux hôpitaux pour réduire leur empreinte énergétique. Par exemple, Greenitbelgium pour le recyclage du matériel IT, ou Green Deal Achats Circulaires ou Grean Deal Cantines Durables.