Nous sommes inondés d'information concernant le Covid-19, mais certains documents méritent que l'on s'y attarde plus que d'autres, du fait de la qualité ou de la pertinence de l'information. Le dernier document fait partie de ceux-là et l'auteur recommande qu'on le partage. Pour résumer et rendre les choses lisibles pour la Belgique, je retiens trois leçons principales que nous devrions comprendre pour mieux agir.

Premièrement, le nombre de personnes infectées en Belgique est beaucoup plus élevé que nous le pensons aujourd'hui parce que nous avons testé très peu de personnes d'un côté et que le nombre de personnes infectées est en croissance rapide, voire très rapide en Belgique.

Ce qu'il faut comprendre, et c'est le point essentiel, c'est que les cas diagnostiqués (et la courbe ainsi générée) le sont avec un retard, un délai, par rapport aux cas réels. Nous pouvons estimer ce délai et décrire la véritable répartition des personnes infectées après avoir interrogé les malades "symptomatiques", en leur demandant quand leurs symptômes ont commencé. Cela génère 2 courbes (cf. figure) et l'addition des "barres" donne le nombre de patient cumulés à ce jour.

© DR

Nous pouvons aussi estimer le nombre réel en se basant sur le nombre de décès comptabilisés. 17,3 jours est le temps moyen entre le début des symptômes et le décès, ce qui signifie qu'un patient qui décède correspondrait à 800 nouvelles infections, tenant compte du taux de transmission pendant ces 17 jours. Nous pouvons aussi l'estimer à partir de l'analyse de la propagation communautaires (et pas seulement pas les patients revenant des zones à risque) mais cette méthode est plus complexe. Si nous pensons que nous avons précisé le nombre de patients infectés aujourd'hui, nous devrions peut-être le multiplier par 27 sur base des courbes de la figure ci-dessus et en se basant sur le nombre de décès, l'intervalle se précise. Finalement le nombre réel (des personnes infectées) devrait être entre ces deux estimations, et cet intervalle serait très proche de la réalité. Pour la Belgique, avec les chiffres publiés hier, nous devrions avoir entre 4.000 et 10.000 infectés ce 12 mars 2020 (par extrapolation)

Deuxièmement, nous devons comprendre que notre action ne modifie pas seulement la courbe mais aussi la mortalité (des personnes qui auraient pu survivre avec des soins adaptés, pourraient mourir par manque de soins convenables). Pour le dire autrement, le taux de mortalité est dépendant du pays, en fonction des mesures prises sur place. Il s'agit bien d'une réaction pour éviter des décès "évitables" et par conséquent, même si dans l'ensemble il ne faut pas dramatiser, ces décès-là seraient dramatiques et inexcusables. D'ailleurs, les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux qui ont été touchés par le SRAS en 2003, parce qu'ils en ont appris quelque chose. Les taux de mortalité observés se situent entre 0,6 % pour la Corée et 4,4 % pour l'Iran. Pourquoi cette différence ? D'une part, parce que cela dépend de ce qui est mesuré mais aussi des mesures mises en place dans le pays. Les chiffres sont dès le début biaisés, dans un sens ou dans l'autre. Si l'on prend les décès / cas totaux, ce chiffre sous-estime la réalité parce que les cas réels peuvent récupérer ou décéder ! Si on parle des décès / cas confirmés, ce chiffre surestime la réalité parce que tous les cas ne sont pas connus - le dénominateur n'est pas fixe, et que certains patients vont encore guérir. Au final, les deux chiffres convergent bien sur vers le taux réel, mortalité qui serait finalement 0,9% pour la Chine par exemple, et plus élevée en Italie, autour de 3-4%.

"Les pays qui sont préparés verront un taux de létalité de 0,5 % (comme la Corée du Sud) à 0,9 % (le reste de la Chine). Les pays qui sont débordés auront un taux de mortalité compris entre 3%et 5% ".

L'auteur précise aussi que "les pays qui agissent rapidement réduisent le nombre de décès au moins de 10 fois ."

Troisièmement, c'est le timing de l'action la plus extrême pour éviter de déborder le système de santé. Nous sommes peut-être au parfait moment où il faut agir- tout arrêter et enfermer les citoyens dans leurs maisons. Il ne s'agit pas de fermer uniquement les écoles et quelques commerces, mais tout le monde. "Cela signifie qu'il faut garder le plus de gens possible à la maison". Tout retard mettra le système de santé sous pression. Les prestataires de soins de santé quand ils sont épuisés, deviennent fragiles, tombent malades et meurent aussi. Un système de santé débordé est un désastre. Nous devrions nous attendre à un taux d'admission élevé des malades dans les jours qui suivent. Si nous voulons avoir un taux de mortalité à 0,5% et non pas 4%, nous devrions agir immédiatement. Distanciation sociale pour tout le monde et confinement complet. Les interdictions de voyager ("travel ban") retardent l'épidémie, mais ce n'est pas une mesure essentielle. Chaque jour compte désormais.

Enfin, il n'y a pas beaucoup de choses à dire, que l'espoir d'un vaccin .... Et notre gouvernement s'en est bien sorti hier soir.

Source : https://medium.com/@tomaspueyo/coronavirus-act-today-or-people-will-die-f4d3d9cd99ca

Nous sommes inondés d'information concernant le Covid-19, mais certains documents méritent que l'on s'y attarde plus que d'autres, du fait de la qualité ou de la pertinence de l'information. Le dernier document fait partie de ceux-là et l'auteur recommande qu'on le partage. Pour résumer et rendre les choses lisibles pour la Belgique, je retiens trois leçons principales que nous devrions comprendre pour mieux agir.Premièrement, le nombre de personnes infectées en Belgique est beaucoup plus élevé que nous le pensons aujourd'hui parce que nous avons testé très peu de personnes d'un côté et que le nombre de personnes infectées est en croissance rapide, voire très rapide en Belgique.Ce qu'il faut comprendre, et c'est le point essentiel, c'est que les cas diagnostiqués (et la courbe ainsi générée) le sont avec un retard, un délai, par rapport aux cas réels. Nous pouvons estimer ce délai et décrire la véritable répartition des personnes infectées après avoir interrogé les malades "symptomatiques", en leur demandant quand leurs symptômes ont commencé. Cela génère 2 courbes (cf. figure) et l'addition des "barres" donne le nombre de patient cumulés à ce jour.Nous pouvons aussi estimer le nombre réel en se basant sur le nombre de décès comptabilisés. 17,3 jours est le temps moyen entre le début des symptômes et le décès, ce qui signifie qu'un patient qui décède correspondrait à 800 nouvelles infections, tenant compte du taux de transmission pendant ces 17 jours. Nous pouvons aussi l'estimer à partir de l'analyse de la propagation communautaires (et pas seulement pas les patients revenant des zones à risque) mais cette méthode est plus complexe. Si nous pensons que nous avons précisé le nombre de patients infectés aujourd'hui, nous devrions peut-être le multiplier par 27 sur base des courbes de la figure ci-dessus et en se basant sur le nombre de décès, l'intervalle se précise. Finalement le nombre réel (des personnes infectées) devrait être entre ces deux estimations, et cet intervalle serait très proche de la réalité. Pour la Belgique, avec les chiffres publiés hier, nous devrions avoir entre 4.000 et 10.000 infectés ce 12 mars 2020 (par extrapolation)Deuxièmement, nous devons comprendre que notre action ne modifie pas seulement la courbe mais aussi la mortalité (des personnes qui auraient pu survivre avec des soins adaptés, pourraient mourir par manque de soins convenables). Pour le dire autrement, le taux de mortalité est dépendant du pays, en fonction des mesures prises sur place. Il s'agit bien d'une réaction pour éviter des décès "évitables" et par conséquent, même si dans l'ensemble il ne faut pas dramatiser, ces décès-là seraient dramatiques et inexcusables. D'ailleurs, les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux qui ont été touchés par le SRAS en 2003, parce qu'ils en ont appris quelque chose. Les taux de mortalité observés se situent entre 0,6 % pour la Corée et 4,4 % pour l'Iran. Pourquoi cette différence ? D'une part, parce que cela dépend de ce qui est mesuré mais aussi des mesures mises en place dans le pays. Les chiffres sont dès le début biaisés, dans un sens ou dans l'autre. Si l'on prend les décès / cas totaux, ce chiffre sous-estime la réalité parce que les cas réels peuvent récupérer ou décéder ! Si on parle des décès / cas confirmés, ce chiffre surestime la réalité parce que tous les cas ne sont pas connus - le dénominateur n'est pas fixe, et que certains patients vont encore guérir. Au final, les deux chiffres convergent bien sur vers le taux réel, mortalité qui serait finalement 0,9% pour la Chine par exemple, et plus élevée en Italie, autour de 3-4%."Les pays qui sont préparés verront un taux de létalité de 0,5 % (comme la Corée du Sud) à 0,9 % (le reste de la Chine). Les pays qui sont débordés auront un taux de mortalité compris entre 3%et 5% ". L'auteur précise aussi que "les pays qui agissent rapidement réduisent le nombre de décès au moins de 10 fois ."Troisièmement, c'est le timing de l'action la plus extrême pour éviter de déborder le système de santé. Nous sommes peut-être au parfait moment où il faut agir- tout arrêter et enfermer les citoyens dans leurs maisons. Il ne s'agit pas de fermer uniquement les écoles et quelques commerces, mais tout le monde. "Cela signifie qu'il faut garder le plus de gens possible à la maison". Tout retard mettra le système de santé sous pression. Les prestataires de soins de santé quand ils sont épuisés, deviennent fragiles, tombent malades et meurent aussi. Un système de santé débordé est un désastre. Nous devrions nous attendre à un taux d'admission élevé des malades dans les jours qui suivent. Si nous voulons avoir un taux de mortalité à 0,5% et non pas 4%, nous devrions agir immédiatement. Distanciation sociale pour tout le monde et confinement complet. Les interdictions de voyager ("travel ban") retardent l'épidémie, mais ce n'est pas une mesure essentielle. Chaque jour compte désormais. Enfin, il n'y a pas beaucoup de choses à dire, que l'espoir d'un vaccin .... Et notre gouvernement s'en est bien sorti hier soir.Source : https://medium.com/@tomaspueyo/coronavirus-act-today-or-people-will-die-f4d3d9cd99ca